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xOvni

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Gentoo l’exotique

par xOvni

Ça me démangeait depuis quelques temps, maintenant c’est fait. J’ai rangé dans un coin de mon disque dur mon historique Mandriva pour tester Gentoo. Un changement motivé et réfléchi, qui a conduit à peu près à ce à quoi je m’attendais, quelques surprises en plus... (Troisième partie)

J’ai quitté mon historique Mandriva pour tester Gentoo. L’installation s’étant réalisée avec succès, j’ai commencé à me préparer un environnement viable. Le but était d’arriver à un environnement épuré, uniquement avec des outils en GTK. J’ai choisi Gnome comme environnement de bureau, par goût personnel, mais aussi pour voir s’il était possible de faire tout ce que l’on voulait faire en se passant de logiciels phares tels que K3B ou Konqueror.

Ni une ni deux, en m’aidant de l’aide à laquelle j’avais accès sur un autre PC, j’ai réglé les quelques détails avant de lancer un "emerge gnome", autrement dit une compilation et une installation de Gnome avec ses outils de base (nautilus, totem, gedit, etc...). Évidemment, on peut trouver le temps long à des moments pareils, mais il est évident que c’est une chose que l’on ne fait pas tous les jours...

À ma grande surprise, tout s’est passé sans le moindre problème. Le téléchargement des paquetages, la compilation et l’installation n’ont pas donné le moindre message d’erreur, et j’ai pu lancer Gnome via GDM dès ma première tentative. J’ai alors été plutôt déçu : je venais de compiler Gnome 2.10. Était-il possible qu’une distribution aussi réactive n’aie pas encore la version 2.12 ?

Je me suis penché sur le problème. Le handbook avait comme souvent la réponse à mes questions : un paragraphe entier dédié à l’installation de Gnome 2.12. J’en ai profité pour voir comment fonctionnait le gestionnaire de paquetages, qui pour l’instant ne semblait différer de apt-get ou urpmi que parce qu’il téléchargeait les sources. Il en est tout autre chose...

Emerge travaille avec la variable "USE" qui permet en gros de choisir les librairies sur lesquelles s’appuieront les logiciels que l’on installe. Par exemple, j’ai desactivé "qt", "kde" et "arts" puisque j’avais décidé de ne pas utiliser l’environnement KDE. J’avais par contre activé "unicode" parce que mon système est en UTF-8, "jabber" et "msn" pour ma messagerie instantanée. Finies les dépendances à n’en plus finir des distributions à paquetages pré-compilés, on peut enfin choisir précisément le système que l’on veut avoir ; les dépendances minima sont installées également comme avec n’importe quel système de paquetages.

Les paquetages (appelés ebuilds) ne sont en réalité que de petits fichiers-texte qui contiennent les dépendances selon les mots-clés de la variable USE utilisés, les patches, l’URL où télécharger la source, etc... Ce qui permet des tours de magie impressionnants : imaginez que le logiciel que vous adorez vient de sortir et qu’il n’est pas encore mis à jour dans l’arbre d’emerge. Il vous suffit alors de renommer le ebuild avec la nouvelle version pour obtenir les sources à partir de la nouvelle URL ! Par exemple, j’ai chez moi le ebuild de quodlibet, très bon logiciel GTK de gestion de bibliothèques musicales malheureusement méconnu. À la sortie de la version 0.17, il m’a suffit de renommer quodlibet-0.16.ebuild en quodlibet-0.17.ebuild pour qu’un "emerge quodlibet" me mette à jour le logiciel en version 0.17 ! Ceci ne marche évidemment que lorsque les dépendances du logiciel n’ont pas énomrmément changé, ce qui est très souvent le cas de mises-à-jour mineures.

J’ai également beaucoup aimé la gestion automatisée des fichiers de configuration. Lors de la mise-à-jour d’un paquetage, les fichiers de configuration ne sont pas écrasés, et un petit utilitaire appelé etc-update tente de voir les différences entre l’ancien et le nouveau fichier de configuration. Si les différences sont triviales, il effectue les changements ; sinon, il donne à l’utilisateur le choix de garder l’ancien, de prendre le nouveau, ou de faire un diff sur les deux fichiers de configuration.

J’utilise maintenant exclusivement Gentoo. J’apprécie la stabilité de ses applications, la simplicité de ses outils de configuration, le fait d’avoir une distribution propre et légère, que je maîtrise mieux. Plus compliquée à mettre en place qu’une Mandriva, elle reste à l’utilisation aussi simple qu’une autre distribution Linux, puisque l’interface dépend presque exclusivement du gestionnaire de fenêtres. Le gestionnaire de paquetages emerge, bien plus flexible et complexe que urpmi, est rapide à prendre en main et ne pose pas plus de problèmes qu’un autre. Surtout, le dynamisme de la communauté Gentoo permet de trouver la réponse à de nombreuses questions dans les documentations et autres forums.

Utilisateurs en quête d’exotisme, n’hésitez plus : Gentoo est la distribution qu’il vous faut ! Pour peu que vous ayez une connexion internet rapide et quelques connaissances préalables sur Linux, elle vous apportera la robustesse et la flexibilité qu’il vous manque peut-être...

6882 visites depuis le 22 janvier 2006

Forum

> Gentoo l’exotique

Bravo et merci pour ce retour d’expérience !

Cela fait plusieurs fois que je tombe sur des témoignages d’installation de Gentoo à partir de Mandriva (dont le principal point fort est l’utilitaire de partitionnement de disque).

J’ai installé et testé plusieurs distributions (à commencer par Ubuntu, puis Kubuntu, Xubuntu en mode serveur sur PPC, Xandros, puis FreeBSD, DesktopBSD, PCBSD, et quelques live-CD) - j’ai une forte attirance pour les BSD et je pense que l’avenir des systèmes passe par eux.

Mes premiers essais sur Gentoo ont été infructueux, mais c’est justement cela qui m’attire dans cette distribution ... plus les éloges que je lis partout !

Je viens d’installer Mandriva 2006 (pas mal, pas mal), et je vais dans quelques instants me lancer dans l’installation de Gentoo en suivant vos conseils.

Et puis après ? eh bien, j’ai lu sur le site de Gentoo un article sur le projet Gentoo/FreeBSD, où un groupe tente de fusionner les deux systèmes ... Voilà le prochain défi dans le cheminement logique des passionnés !

A propos du projet Gentoo/FreeBSD (Wikipedia)

par Lugary Yohudo le 13 août 2006

> Gentoo l’exotique

Après avoir utilisé Gentoo pendant un an, je suis passé à Arch Linux. Gentoo est un jouet pour linuxiens mais si on recherche un système fiable sur lequel on peut travailler, cette distribution est à éviter.

Je ne vois pas l’intérêt de passer des heures à tout compiler pour gagner quelques secondes au lancement d’un programme. L’utilisation des USE flags pour optimiser les programmes est complexe, et il faut toujours s’attendre à des mauvaises surprises lors des mises à jour.

par Archer le 24 septembre 2006

> Gentoo l’exotique

arf, si c’etait un jouet uniquement, ça se saurait. Si tu n’y a vu que l’interet des CFLAGS, tu n’a rien vu. L’avantage principal est le choix laissé à l’utilisateur d’installer une machine qui colle le mieux avec ce dont il a besoin, sans fioritures, avec une maintenance minimale (a moins que tu ne regardes les lignes défilées pendant les compil, ça ne prend pas plus de temps qu’une autre distrib). Bref, tout ceci est de l’ordre du troll.
par dway le 1er novembre 2006